Nager avec des dauphins… Si on m’avait dit que je ferais ça un jour, je n’y aurais pas cru. Et pourtant, après que mon beau-frère ait tenté l’aventure et nous ait montré les photos, l’idée a fait son bonhomme de chemin. Et c’est ainsi que, lors d’un récent voyage aux Açores, je me suis enfin lancé. D’abord, posons le cadre : un grand bassin, relié à la mer. Un type dans une grande combinaison noire : c’est moi. Dans l’eau, deux dauphins dont seules les têtes émergent, et que l’animatrice nous présente. Notre groupe est ravi et impatient : nous ne sommes que trois, ce qui nous permettra de profiter au maximum de l’aventure. Nous entrons dans l’eau et nous retrouvons pour la première fois avec les dauphins. Là, premier émoi : ces derniers sont beaucoup plus impressionnants vu de près. Tant qu’on les admire du bord, on les trouve désopilants. Mais au moment où on se retrouve dans l’eau à leur hauteur, on comprend qu’ils ne sont pas que des têtes dépassant de l’eau. Loin de là, même : leurs corps sont plus grands que les nôtres. Ils sont musclés, ils sont massifs. En un mot : impressionnants. On fait timidement connaissance avec eux. Le premier frôlement avec leur corps est surprenant. La main s’attend à toucher une peau douce (glissante comme celle des poissons, mais sans écailles), mais c’est en fait l’inverse : leur corps ressemble à une carapace rude, rugeuse même, marquée de cicatrices. On pense un instant qu’ils sont maltraités. Mais l’animatrice nous explique alors que le dauphin est, à l’inverse du cliché qu’on s’en fait généralement, un animal sauvage : ces balafres sont des « stries » faites par les autres dauphins lors de combats. Il paraît même que les individus les plus âgés ont l’avant du corps entièrement blanc, à cause de toutes les griffures qu’il ont subies ! Niveau nage, on se sent tout petits face à ces monstres marins. On se rend rapidement compte qu’on n’a ni sa puissance, ni sa capacité d’apnée. Lorsqu’on plonge en s’agrippant à leur nageoire dorsale et qu’on se laisse propulser par eux, il y a toujours un moment où l’on finit par lâcher pour remonter précipitamment retrouver l’air libre. De temps à autre, l’un d’eux surgit sans que vous l’ayez vu arriver, ou vous frôle dans le dos, et vous devez réprimer une seconde de panique. Troublant. Nager avec les dauphins est décidément une activité hors norme, mais assez loin des poncifs qu’on peut trouver sur le sujet. Un peu comme quand Sam Gamegie souligne la différence entre le conte et la réalité, à quel point on ne parle pas de la douleur et de la fatigue et de la peur, dans les histoires. Si cette activité est certainement prodigieuse, personne n’avait pris la peine de me prévenir de tout ça. Si vous plongez dans cette expérience, vous le ferez maintenant en connaissance de cause. A vous de jouer ! Pour en savoir plus, je vous laisse le lien vers l’organisateur de cette expérience qui vous permet de nager avec les dauphins.

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Voilà longtemps que je n’avais pas fait un road trip avec mon frère. Mais étant donné qu’il vient de perdre son permis, et en attendant qu’il le récupère, il dépend de son entourage lorsqu’il doit se déplacer. La semaine dernière, il devait se rendre au Mont-Saint-Michel pour y effectuer un vol en avion de chasse. Et il était hors de question de ne pas l’aider, dans la mesure où c’était moi qui lui avait offert ce cadeau ! C’est toujours un plaisir de revenir dans la région de son enfance. Alors, tandis que mon frère passait la matinée à l’aéroport puis en plein ciel, je me suis rendu dans mon lieu favori. Les touristes réduisent souvent le coin au Mont-Saint-Michel, et c’est très bien ainsi. De cette manière, ils s’entassent dans les ruelles, les boutiques souvenirs, et les restaurants de mauvaise qualité qu’on y trouve… et laissent intacts mon endroit préféré ! Aux environs du Mont-Saint-Michel, on trouve en effet un site unique, caché dans la campagne verdoyante près de Bazouges-la-Pérouse : le jardin de La Ballue. Dans une suite de treize surprises, le jardin classé « remarquable » égrène des visions maniéristes du paysage : une composition contemporaine inspirée par le style baroque du XVIe siècle. Ainsi, La Ballue propose un parcours fait de labyrinthe, d’allées, de perspectives tronquées, de chambres de verdure asymétriques. L’insolite y côtoie le familier, la géométrie flirte avec le mystère. On ne se lasse pas de le parcourir. Les harmonies de couleurs restent volontairement sobres, en noir, blanc et vert, avec des jeux d’ombre et de lumière. Sur la terrasse à la française, le dessin des parterres, en triangles ponctués d’arbres taillés en boule ou en vague, frappe d’emblée le regard. L’art des bosquets se décline sous diverses formes : bosquets de fougères, de senteurs, de musique… Au printemps, on tombe en arrêt sur une longue allée de glycines faite d’un double alignement d’ifs où s’accrochent des pieds de glycine. Mais le jardin reste une belle surprise, quelle que soit la saison. Le château de La Ballue, érigé en 1620, a toujours été un lieu de séjour apprécié par les artistes et les écrivains. Aujourd’hui, il accueille des sculptures contemporaines et un festival de musique en été. La demeure tout comme le jardin sont classés « monuments historiques ». Ce jardin « secret » a toujours eu le don de m’apaiser, et c’est avec sérénité que je l’ai quitté. Vous imaginez alors sans peine le choc auditif que ce fut de retrouver mon frère, qui ressortait à peine de l’appareil et parlait de manière ininterrompue, encore chargé d’adrénaline… Suivez le lien pour en savoir plus sur ce baptême en avion de chasse.

De passage dans le Calvados, je me suis laissé embarquer par un ami dans un vol en montgolfière. Nous avons embarqué à bord de la nacelle en fin d’après-midi, alors que le soleil couchant jetait des rayons dorés sur tout le paysage. La vue était magnifique, imprenable. Nous survolions une mer d’arbres mêlant le vert, le jaune et le rouge. Je découvris alors, au détour d’une ligne d’arbres, ce qui me parut tout d’abord être un mirage, un petit édifice comme je n’en avais encore jamais vu : le château de Saint-Germain-de-Livet. Cet adorable petit château qui flotte sur les eaux de la Touques semble en effet, au premier abord, être le fruit de l’imagination, tant il est gracieux et inattendu. A deux pas de Lisieux, l’édifice et ses douves ont tout l’air de surgir intacts du temps des chevaliers. Tandis que nous le survolions, mon ami m’en expliqua l’histoire. On imagine mal en le voyant que cette étonnante bâtisse ait pu servir de forteresse au Moyen Age et qu’elle ait été le théâtre des pires affrontements. Aujourd’hui, le passé tumultueux est loin, et les façades du château se reflètent avec coquetterie dans les eaux du fleuve côtier. L’étrangeté de cette construction, édifiée par Pierre de Tournebu au XVe siècle, est d’associer deux logis accolés d’époques différentes. D’un côté, elle est constituée de pans de bois. De l’autre, la surface des murs ressemble à un incroyable damier de pierres et de briques vernissées assemblées plus tardivement. Les tourelles et les meurtrières affichent un air défensif mais tout dénote le contraire et particulièrement l’intérieur. L’ambiance y est douce, inspirée par l’esprit Renaissance, avec un décor sculpté et une galerie à l’italienne. Une grande salle de gardes, située dans l’aile ancienne, rappelle que le château servit longtemps de forteresse. Elle est ornée d’anciennes fresques représentant des scènes de chevalerie. Dans l’autre partie, un mobilier précieux, des peintures, des porcelaines se mêlent à de nombreux souvenirs accumulés par la famille propriétaire du château, avant d’en faire don à la ville de Lisieux en 1957. Si vous souhaitez en découvrir toute la beauté, le mieux reste de le découvrir en montgolfière. Mais si vous n’en avez pas la possibilité, vous pouvez toujours monter sur les hauteurs du vallon vers Le Mesnil-Germain : la vue sur le château et le paysage est magnifique. Suivez le lien pour en savoir plus sur ce vol en montgolfière.

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